Tjm rentable et clair
- Chiffrer les charges : on liste cotisations, impôts, mutuelle, frais et provisions pour périodes creuses.
- Estimer jours facturables : déterminer 120 et 180 jours pour répartir le chiffre d’affaires et fixer le taux.
- Remonter au TJM : partir du revenu net souhaité, inclure taux de prélèvements et diviser le CA nécessaire par jours facturables pour obtenir le TJM final.
Fixer son taux journalier moyen (TJM) est une étape essentielle pour tout consultant en micro‑entreprise. Le bon TJM doit couvrir vos charges, vos frais professionnels, vos impôts, et vous laisser un revenu net cohérent avec votre niveau de vie. Cet article propose une méthode pas à pas, des repères chiffrés et un exemple concret pour déterminer un TJM réaliste et défendable.
1. Identifier et chiffrer toutes les charges
Avant de poser un chiffre, dressez la liste complète des sorties d’argent liées à votre activité :
- Cotisations sociales (URSSAF) : généralement entre 22 % et 25 % du chiffre d’affaires en micro‑entreprise pour les prestations de services.
- Impôt sur le revenu : si vous optez pour le prélèvement libératoire, comptez 1 % à 2,2 % selon l’activité ; sinon prévoyez une réserve en fonction de votre tranche d’imposition.
- Mutuelle et prévoyance : 2 % à 5 % du CA à prévoir si vous payez ces protections vous‑même.
- Frais professionnels (matériel, logiciel, local, déplacement, formation, assurance) : 10 % à 20 % du CA selon votre activité et vos besoins.
- Provision pour congés, périodes non facturables et investissement : constituez une réserve pour lisser les périodes creuses.
2. Déterminer vos jours facturables
Un point souvent oublié : vous ne facturez pas 365 jours par an. Entre week‑ends, vacances, prospection, formation et tâches administratives, le nombre de jours facturables est généralement compris entre 120 et 180 jours par an.
- 120 jours : profil très sélectif ou intervenant sur mission courte mais haute valeur.
- 150–160 jours : scénario réaliste pour la plupart des consultants indépendants actifs.
- 180 jours : profil très disponible et avec peu de temps consacré à la prospection.
3. Choisir votre objectif de revenu net annuel
Définissez combien vous souhaitez retirer en net sur l’année (ce que vous considérez comme votre « salaire » ou trésorerie disponible). Ce montant servira de référence pour remonter au chiffre d’affaires nécessaire.
4. Méthode de calcul : remontée depuis le revenu net
Formule simple : chiffre d’affaires nécessaire = revenu net souhaité / (1 – taux global de prélèvements et frais).
Le taux global inclut cotisations sociales, impôt (ou réserve), mutuelle et frais professionnels exprimés en pourcentage du CA.
Exemple chiffré
Supposons :
- Revenu net souhaité : 50 000 € par an.
- Cotisations sociales : 25 % du CA.
- Impôt (prélèvement libératoire ou réserve) : 1,7 % du CA.
- Mutuelle et prévoyance : 3 % du CA.
- Frais professionnels : 15 % du CA.
- Jours facturables estimés : 160 jours par an.
Calcul du taux global : 25 + 1,7 + 3 + 15 = 44,7 %.
Part restante pour le revenu net = 100 % – 44,7 % = 55,3 %.
Chiffre d’affaires nécessaire = 50 000 / 0,553 ≈ 90 408 €.
TJM = 90 408 / 160 ≈ 565 €.
Si vous ne pouvez facturer que 120 jours, TJM = 90 408 / 120 ≈ 753 €.
5. Positionnement tarifaire et ajustement selon le marché
Le calcul ci‑dessus donne un plancher : le minimum à facturer pour atteindre votre objectif. Il faut ensuite comparer ce plancher aux tarifs du marché selon votre secteur et votre niveau d’expérience. Voici des fourchettes indicatives :
| Secteur | Junior | Confirmé | Senior/Expert |
|---|---|---|---|
| Informatique / développement | 200–350 € | 350–600 € | 600–1000 €+ |
| Marketing / communication | 120–220 € | 220–400 € | 400–800 € |
| Finance / contrôle de gestion | 180–300 € | 300–500 € | 500–900 € |
| Stratégie / management | 250–400 € | 400–800 € | 800–1500 € |
Si votre TJM plancher est inférieur au marché, vous pouvez potentiellement ajuster à la hausse pour dégager une marge de sécurisation. Si votre plancher est supérieur aux tarifs du marché, deux options : réduire les coûts (frais, jours non facturables) ou positionner votre offre sur des missions à forte valeur ajoutée.
6. Comparaison des statuts : micro‑entreprise, portage et ESN
La micro‑entreprise est simple et peu coûteuse administrativement, mais les charges sont proportionnelles au CA et la protection sociale limitée. Le portage salarial offre une protection sociale comparable à un salarié mais réduit fortement le net perçu à cause des frais de portage (10 % à 15 % supplémentaires). Les ESN ou cabinets facturent à l’entreprise cliente et vous rémunèrent ensuite, avec des marges qui réduisent le montant disponible pour vous.
7. Conseils pratiques pour défendre son TJM
- Basez votre discours sur la valeur apportée : résultats attendus, économies, gains de productivité.
- Proposez des packs ou des options (jours, livrables) plutôt qu’un simple taux horaire.
- Testez le marché : n’hésitez pas à proposer un tarif test pour une première mission courte.
- Réévaluez vos tarifs chaque année en fonction de vos résultats et de l’inflation.
Calculer son TJM demande de la rigueur : listez vos charges, fixez un objectif de revenu, estimez vos jours facturables et montez votre prix à partir du CA nécessaire. Le TJM final est à la fois un plancher financier et un instrument de positionnement sur le marché. Ajustez-le au fil des missions et des retours clients pour rester rentable et attractif.

