Le scoring consiste à mesurer le risque de défaillance d’une entreprise. Cette méthode repose sur une série de ratios, affectés de coefficients de pondération et, sur l’observation de séries statistiques élaborées à partir d’échantillons représentatifs d’entreprises.
Les principaux scores utilisés actuellement pour la détection des risques sont les suivants :
est une méthode conseillée pour les entreprises industrielles réalisant un chiffre d’affaires de 1,5 à 75 millions d’euros. Il permet un classement des sociétés des plus risquées (score inférieur à 6,8) aux plus saines (score supérieur à 16,4).
s’applique aux sociétés réalisant un chiffre d’affaires de 150.000 à 75 millions d’euros. Il comprend 11 fonctions pour 7 secteurs d’activité en différenciant les TPE des PME. Il s’adresse plus spécialement au Credit Manager, étant plutôt axé sur la solvabilité de l’entreprise à court terme.
dont la nouvelle formule est tenue secrète, s’intéresse plus particulièrement à l’endettement financier (importance, structure et coût de l’endettement). De ce fait, il est plus adapté aux besoins des banquiers.
Afin de répondre au besoin nouveau d’une analyse plus fine du risque de crédit, compatible avec les nouvelles exigences du ratio McDonough, les entreprises recevront, en 2004, une nouvelle cotation avec onze positions possibles.
Le principal avantage des systèmes de scoring est l’obtention d’un diagnostic rapide et à moindre coût. En effet, compte tenu des volumes à traiter, des annexes souvent incomplètes, ces outils n’utilisent, pour la plupart, qu’un bilan et un compte de résultat. Même si les méthodes de scoring présentent globalement des classements satisfaisants, il convient d’en fixer les limites.
Le premier écueil, sauf pour le score BDFI, est l’absence des retraitements, de prise en compte des engagements hors bilan et de l’échéancier de l’endettement. Ceci peut conduire à une interprétation assez hasardeuse des équilibres financiers.
Certains ratios ou éléments financiers ne sont pas toujours pertinents dans le calcul d’un score. Le poids des intérêts financiers par rapport au chiffre d’affaires est moins prédictif d’un risque de défaillance que le ratio intérêts financiers sur EBITDA. Les ratios de rotation (stocks, clients, fournisseurs), calculés uniquement en fin d’exercice, sont moins révélateurs de risques que des ratios de structure du bilan ou de solvabilité à court terme. Le niveau des dettes fiscales et sociales (utilisé dans le score BDFI) peut être totalement différent d’une entreprise à une autre selon le régime de paiement de la TVA (sur les débits ou sur les encaissements), la périodicité de paiement des charges sociales (au mois ou au trimestre)...
La présence de ratios non bornés peut entraîner des cotations en dents de scie d’un exercice à l’autre.
On peut, dès à présent, signaler les travaux en cours de la CCEF visant à l’établissement d’un score multisectoriel. Il fera appel à de nombreux retraitements et sera calculé à partir de sept ratios fondamentaux définissant l’ancienneté, le niveau d’activité, la rentabilité et la structure financière de l’entreprise. Il permettra d’une part, de prévenir les risques de défaillance à moyen terme et d’autre part, de noter la performance globale de la société, sur une échelle de 0 à 20.
En conclusion, il faut rappeler que le scoring n’offre que des probabilités, jamais de certitudes
et qu’il ne peut se substituer à l’oeil de l’analyste financier.