PRINCIPE GENERAL
Les dettes sont gelées à la date d’ouverture du redressement judiciaire (effet rétroactif du jugement à 0 heures).
Elles doivent être produites par les créanciers auprès du représentant des créanciers nommé par le Tribunal de Commerce en Chambre du Conseil dans un délai de deux mois après la parution du jugement au BODACC.
POINTS A CONNAITRE
Salariés :
Les montants dus aux salariés sont pris en charge par les CGEA (pour compte du FNGS). Il s’agit d’une avance qui doit être par la suite remboursée par l’entreprise après la période d’observation.
Périmètre de prise en charge par les CGEA
Salaires et notes de frais dus à la date d’ouverture du redressement judiciaire ainsi que les droits à congés payés acquis à cette date, indemnités de licenciement…
Le dirigeant doit signer une déclaration d’impécuniosité.
De plus, le coût des licenciements prononcés postérieurement à l’ouverture du redressement judiciaire peut également être pris en charge (pour les préavis seulement s’ils ne sont pas effectués).
Fournisseurs :
Biens : la date à prendre en compte n’est pas la date de facture mais la date de livraison (attention aux clauses de revendication de propriété).
Prestations de services : la date à prendre en compte n’est pas la date de facture mais celle à laquelle les services ont été fournis.
S’il existe un chevauchement (loyer, maintenance, assurance…) il convient d’effectuer un prorata : la partie postérieure au jugement doit être réglée, celle antérieure au jugement produite au passif.
Organismes sociaux :
Les charges sociales dues sur les salaires antérieurs à l’ouverture du redressement judiciaire sont produites au passif, celles sur salaires postérieurs doivent être réglées. Deux déclarations doivent donc être souscrites lors de l’ouverture du redressement judiciaire, la première du début du mois ou du trimestre à la veille du jugement, la seconde du jour du jugement à la fin du mois ou du trimestre. Seules les cotisations de la seconde sont réglées.
Attention : ce qui compte n’est pas la date à laquelle le salaire est réglé mais la période concernée.
NB : Les charges sociales sur licenciements prononcés juste après l’ouverture du redressement judiciaire peuvent être également produites au passif. Celles sur les licenciements intervenus plus tard pendant la période d’observation même si les licenciements sont pris en charge par les CGEA devront être réglées sur la trésorerie de la période d’observation.
TVA sur débits :
Deux déclarations comme pour les organismes sociaux. La « coupure » se fait aussi bien sur la TVA collectée que sur la TVA déductible.
TVA sur encaissements : une particularité
Le point à prendre en compte pour affecter la TVA sur la période antérieure ou postérieure au jugement n’est pas la date de l’encaissement mais la date de facturation.
En clair, cela oblige pendant un certain temps au cours de la période d’observation à établir deux déclarations par mois : l’une relative à des encaissements relatifs à des factures antérieures au redressement judiciaire pour laquelle le Trésor doit produire au passif, l’autre relative à des encaissements relatifs à des factures postérieures au redressement judiciaire pour laquelle l’entreprise doit payer la TVA.
Taxe professionnelle et impôts locaux :
Il existe ici une exception, il n’y a pas de prorata à faire. On se rapporte à la règle : la situation de l’entreprise au 1er janvier. Si le 1er janvier est antérieur au jugement d’ouverture du redressement judiciaire, la taxe professionnelle et les impôts locaux de la totalité de l’année sont donc produits au passif du redressement judiciaire.
En trésorerie immédiate, une entreprise en redressement judiciaire au 2 janvier 2002 est donc privilégiée par rapport à celle en redressement judiciaire au 28 décembre 2001 « elle gagne pendant la période d’observation la trésorerie relative à l’imposition 2002 qui sera produite au passif ».
Emprunts :
Pendant la période d’observation l’entreprise n’a pas à honorer les échéances des emprunts. Les emprunts seront réglés dans le cadre du plan de continuation avec les intérêts qui continueront à courir dans la mesure où le contrat a été conclu à l’origine pour plus d’un an.
Crédits baux :
Les échéances postérieures au redressement judiciaire sont réglées normalement.
Cessions de créances Dailly factoring :
Les effets de ces cessions de créances se poursuivent. Les clients dont les créances ont été cédées antérieurement au redressement judiciaire doivent être réglées à la banque ou au factor.
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Attention : si le contrat n’est pas poursuivi, le factor ou la banque ont la faculté de geler le compte de garantie tant que celui-ci reste inférieur à l’encours financé.
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Cautions :
Suspension des poursuites contre les cautions personnes physiques pendant la période d’observation (pour les cautions souscrites à compter du 11/06/1994).